Pape Thiaw est désormais une figure centrale de l’histoire du football sénégalais. Ancien attaquant international, membre de l’épopée historique de la Coupe du monde 2002, il a franchi un cap décisif en entrant définitivement dans la légende comme sélectionneur des Lions de la Teranga, après le sacre continental à la CAN 2025.
Nommé dans un contexte exigeant, marqué par l’héritage lourd laissé par ses prédécesseurs et par une attente populaire immense, Pape Thiaw a su imposer sa vision avec calme, conviction et autorité. Remporter la Coupe d’Afrique des Nations dès sa première participation en tant que sélectionneur, et ce face au pays hôte, le Maroc, dans une finale haletante remportée 1-0 après prolongation, constitue un exploit rare dans l’histoire du football africain.
Cette finale restera toutefois marquée par une fin de match tendue et controversée. Le sélectionneur sénégalais, emporté par l’intensité émotionnelle du moment, a ordonné à ses joueurs de quitter brièvement la pelouse en signe de protestation, avant une conférence de presse houleuse où il a été pris à partie par des journalistes marocains. Un épisode qui révèle un tempérament passionné, parfois excessif, mais profondément habité par le sens de la justice sportive et la défense de son groupe.
Sur le plan tactique, Pape Thiaw a apporté une approche moderne, fidèle à son passé d’attaquant. Son Sénégal évolue dans des systèmes dynamiques, principalement en 4-3-3 ou en 4-2-3-1, avec une priorité claire : le pressing haut, la récupération immédiate après perte de balle et la projection rapide vers l’avant.
La CAN 2025 a mis en lumière sa capacité à gérer les hommes autant que les schémas. Il a su trouver le juste équilibre entre l’expérience de cadres comme Sadio Mané et l’énergie de jeunes joueurs affamés.
Avec ce sacre, Pape Thiaw devient l’un des rares entraîneurs à avoir remporté à la fois le CHAN et la CAN. Il s’impose désormais comme un symbole d’un football sénégalais ambitieux, confiant et tourné vers l’avenir.
