À quelques jours du choc entre le Sénégal et la France en ouverture de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026, une question anime les débats autour de la Tanière : qui accompagnera Moussa Niakhaté dans l’axe de la défense sénégalaise ?
Alors que les Lions de la Teranga nourrissent de grandes ambitions dans ce Mondial organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique, l’incertitude demeure autour de l’état physique du capitaine Kalidou Koulibaly, de retour de blessure. Un casse-tête défensif pour Pape Thiaw, qui devra rapidement trancher avant le rendez-vous crucial face aux Bleus.
Une défense sénégalaise historiquement solide
Champion d’Afrique 2025, le Sénégal s’est construit ces dernières années autour d’une assise défensive redoutable. Lors de la dernière CAN, les Lions n’ont encaissé que deux buts en sept rencontres, preuve d’une organisation rigoureuse et d’un équilibre tactique maîtrisé.
Selon l’ancien international sénégalais Boubacar Sarr « Locotte », cette solidité repose aussi sur la flexibilité tactique de Pape Thiaw.
« La défense à trois fait partie des systèmes du coach Pape Thiaw. Il a deux systèmes. À mon avis, il peut jouer avec une défense à trois ou à quatre. Ce dispositif a pratiquement été utilisé tout au long de la Coupe d’Afrique des Nations et cela a toujours bien fonctionné ».
Face à une équipe de France réputée pour la mobilité de ses attaquants, notamment Kylian Mbappé, Michael Olise ou Ousmane Dembélé, le Sénégal devra afficher une défense aussi intelligente que disciplinée.
« Il faut une défense intelligente contre la France pour contrôler les mouvements de ses attaquants », insiste Locotte.
Koulibaly–Niakhaté, le duo naturel… mais sous condition
Sur le papier, la charnière idéale reste celle composée de Kalidou Koulibaly et Moussa Niakhaté. Le duo apporte expérience, leadership et complémentarité.
Cependant, le défenseur d’Al-Hilal revient tout juste d’une blessure et n’a disputé que quelques minutes lors du match de préparation contre l’Arabie saoudite (0-0).
Pour Boubacar Sarr, tout dépendra de l’évolution physique du capitaine dans les jours précédant la rencontre :
« Je suis déjà très content qu’il ait pu jouer quelques minutes face à l’Arabie saoudite. Cela lui donne de la confiance, tout comme à Idrissa Gana Gueye. Mais la décision finale appartiendra au coach Pape Thiaw. »
Le staff médical pourrait ainsi privilégier une montée en puissance progressive afin d’éviter tout risque avant un tournoi long et exigeant.
Abdoulaye Seck, l’assurance expérience
Si Koulibaly n’est pas prêt à débuter, Abdoulaye Seck apparaît comme une alternative crédible aux côtés de Moussa Niakhaté.
À 34 ans, le défenseur expérimenté a souvent répondu présent lorsque la sélection avait besoin de lui. Solide dans les duels aériens, agressif sur le porteur du ballon et habitué aux grands rendez-vous, il représente une option rassurante.
« Abdoulaye Seck n’a jamais déçu le coach. Qu’il soit titulaire ou remplaçant, il a toujours livré de très bons matchs », estime Locotte.
Autre avantage : son profil s’adapte aussi bien à une défense à trois qu’à une défense à quatre.
Mamadou Sarr, la jeunesse qui pousse
À seulement 20 ans, Mamadou Sarr s’impose progressivement comme l’un des grands espoirs défensifs du football sénégalais.
Très utilisé lors des récents matchs amicaux, il a formé plusieurs associations défensives, notamment avec Abdoulaye Seck contre les États-Unis et Moussa Niakhaté face à l’Arabie saoudite.
Déjà présent lors de la CAN 2025, le jeune défenseur a démontré une vraie maturité malgré son âge.
« On compte beaucoup sur lui. Il a énormément de potentiel et l’a déjà montré avec la sélection », souligne Boubacar Sarr.
Mais une Coupe du monde représente un autre niveau d’exigence, avec des matchs à très haute intensité tous les trois jours.
Le choix le plus logique contre la France ?
À l’heure actuelle, le scénario le plus probable semble être un duo Kalidou Koulibaly – Moussa Niakhaté, à condition que le capitaine soit jugé suffisamment apte physiquement.
Dans le cas contraire, Abdoulaye Seck pourrait être privilégié pour son expérience et sa fiabilité, tandis que Mamadou Sarr représenterait une option plus audacieuse, tournée vers l’avenir.
Une certitude demeure : face à la puissance offensive française, la solidité défensive du Sénégal pourrait largement conditionner les chances des Lions dans ce premier grand test mondial.
