Au lendemain de la défaite du Sénégal face à la France (3-1) pour son entrée en lice à la Coupe du monde 2026, Kalidou Koulibaly a exprimé une frustration qui dépasse le simple cadre sportif. Le capitaine des Lions a poussé un coup de gueule contre les restrictions administratives qui compliquent fortement l’accès des supporters africains au tournoi organisé aux États-Unis.
Si le Sénégal a souffert sur le terrain face à la France, il a également dû composer avec une autre difficulté en dehors du rectangle vert : l’absence massive de supporters venus directement du pays.
Koulibaly hausse le ton
Après la rencontre, le défenseur sénégalais n’a pas caché son incompréhension face à cette situation qu’il juge profondément injuste.
« Chaque équipe peut avoir ses supporters, alors je ne comprends pas pourquoi les gens d’Afrique ne le peuvent pas », a regretté Kalidou Koulibaly.
Une déclaration forte qui reflète le sentiment d’injustice partagé par de nombreuses sélections africaines engagées dans ce Mondial 2026.
La diaspora a répondu présente
Malgré ces obstacles, le Sénégal a pu compter sur le soutien de sa diaspora, particulièrement présente dans la région de New York. Le MetLife Stadium a accueilli de nombreux supporters sénégalais venus notamment de Harlem, où se trouve le célèbre quartier du « Petit Sénégal ».
Cette forte communauté sénégalaise, installée depuis plusieurs décennies autour de la 116e Rue à New York, ainsi que dans le New Jersey, a permis aux Lions de bénéficier d’un soutien visible dans les tribunes.
Les drapeaux verts, jaunes et rouges ont ainsi apporté une ambiance chaleureuse malgré le contexte difficile.
Aucun déplacement organisé depuis le Sénégal
Derrière cette présence de la diaspora se cache pourtant une réalité bien plus préoccupante. Selon la Fédération sénégalaise de football, aucun groupe organisé de supporters n’a pu effectuer le déplacement directement depuis le Sénégal.
Une situation qui illustre les nombreuses barrières administratives rencontrées par les fans africains pour assister à cette Coupe du monde.
Des procédures administratives très contraignantes
Contrairement aux éditions précédentes organisées au Japon, en Corée du Sud, en Russie ou encore au Qatar, les procédures d’entrée aux États-Unis se sont révélées bien plus complexes.
Les demandes de visa ont constitué un véritable parcours du combattant, touchant aussi bien les supporters que les médias et les officiels.
La FIFA n’a accordé que 43 accréditations aux journalistes sénégalais, et certaines n’ont même pas pu être utilisées en raison des retards ou refus liés aux visas.
Même des responsables de la fédération ont dû effectuer des démarches de dernière minute auprès de l’ambassade américaine à Dakar.
Une frustration générale
La polémique a pris une autre dimension lorsque des images montrant des joueurs sénégalais soumis à des contrôles de sécurité renforcés à leur arrivée aux États-Unis ont circulé sur les réseaux sociaux.
Dans ce contexte, la prise de parole de Kalidou Koulibaly résonne comme celle d’un porte-parole de nombreux Africains frustrés par cette situation.
Malgré la défaite contre la France, les Lions ont ressenti le soutien de leur diaspora. Mais pour beaucoup de supporters restés au Sénégal, cette Coupe du monde 2026 restera marquée par une immense frustration : celle de ne pas avoir pu accompagner leur équipe au plus grand rendez-vous du football mondial.
