Rennes s’incline, Habib Beye vacille : la défaite de trop pour le coach sénégalais


Le vent tourne en Bretagne. Battu 1-2 par Nice, le Stade Rennais s’enfonce dans la crise, et Habib Beye semble avoir perdu son dernier joker. L’entraîneur sénégalais, déjà sur la sellette avant le match, vit sans doute ses dernières heures sur le banc rouge et noir. Les signes ne trompent plus : frustration du public, désunion du vestiaire et discussions déjà ouvertes pour sa succession.

Le scénario semblait écrit d’avance. Malgré une bonne entame et 58 % de possession, Rennes a cédé sur les deux seules vraies occasions niçoises. À la 37ᵉ minute, Sofiane Diop ouvre le score d’une frappe superbe dans le petit filet, avant que Jonathan Clauss ne double la mise juste avant la pause (45ᵉ+1), validé par la VAR. La réduction du score d’Abdelhamid Aït Boudlal (67ᵉ) a brièvement redonné espoir, mais le but refusé de Meïté à la 89ᵉ a fait basculer le Roazhon Park dans la colère. Huées nourries, banderoles hostiles et un nom dans toutes les bouches : Beye. “C’est la fin, il n’a plus la main sur le groupe”, lâchait un supporter en quittant le stade, résigné. Avec cinq matchs sans victoire, Rennes glisse dangereusement au classement (10ᵉ, 7 points en 9 journées). Une chute vertigineuse pour une équipe construite cet été à coups de millions.

Selon plusieurs sources concordantes, la direction rennaise aurait déjà contacté plusieurs entraîneurs en vue d’un remplacement express. Les pistes évoquées mènent à Philippe Clément, libre depuis Monaco et favori pour sa connaissance de la Ligue 1, à Wilfried Nancy, actuel coach du Columbus Crew (MLS), ou encore à Laurent Blanc, vu comme une “solution prestige” pour calmer le vestiaire. Une réunion d’urgence est prévue ce lundi à La Piverdière, le centre d’entraînement du SRFC, et le départ de Beye pourrait être officialisé dans les 48 heures. Son indemnité de rupture est estimée à 1,5 M€, une somme dérisoire au regard des 130 M€ dépensés au mercato estival.

Derrière les murs du centre d’entraînement, le malaise couvait depuis plusieurs semaines. Des cadres comme Seko Fofana et Brice Samba auraient exprimé leur lassitude, voire leur défiance envers le coach. Refus de réunions, regards fuyants, absence d’adhésion tactique : les signes d’un vestiaire qui a lâché. “Seko et Brice ont décidé que Beye, c’était fini”, confie une source proche du club. Ajoutons à cela des choix tactiques déroutants – sortir Ludovic Blas trop tôt ou repositionner Embolo en faux neuf – et une communication parfois jugée arrogante : la fracture était inévitable. Beye, fidèle à son tempérament, n’a pas voulu céder à la panique : “C’est dur, mais c’est le foot. On doit se serrer les coudes”, a-t-il déclaré sobrement après la rencontre. Mais le mal est profond, et la confiance rompue.

Sauf retournement improbable, Julien Stéphan devrait assurer l’intérim dès le prochain déplacement à Toulouse. À plus long terme, le club espère un projet fort capable de relancer la dynamique européenne. La direction rennaise ne veut plus d’une “révolution de surface”, mais d’un véritable redressement. L’heure de Habib Beye à Rennes semble bel et bien écoulée.

Ancien capitaine des Lions de la Téranga, Habib Beye incarnait l’espoir d’une nouvelle génération d’entraîneurs sénégalais capables d’imposer leur patte en Europe. Après sa réussite au Red Star, son aventure rennaise devait être celle de la confirmation. Elle s’achève – sauf miracle – dans la désillusion, laissant un goût amer : celui d’un projet ambitieux déraillé trop tôt.

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