Auteur : Jongante
Date : 18 février 2026
L’histoire entre le Sénégal et l’Olympique de Marseille ne relève plus du simple hasard. Elle s’inscrit dans le temps, dans la mémoire collective du Vélodrome et dans l’identité même du club phocéen. En nommant Habib Beye entraîneur de l’équipe première, l’OM prolonge une tradition forte : celle d’une empreinte sénégalaise devenue indélébile.
Dix-neuf ans après son départ pour Newcastle, Habib Beye revient sur la Canebière avec un costume bien différent. L’ancien capitaine respecté devient le premier Africain à diriger l’équipe première marseillaise. Une promotion lourde de sens, dans un club où l’émotion, l’exigence et la passion populaire s’entremêlent en permanence.
Un choix identitaire assumé
Le directeur du football Medhi Benatia n’a pas caché la portée stratégique de cette nomination. Selon lui, le choix de Beye répond à une nécessité claire : redonner du leadership à un groupe en perte de repères et relancer une dynamique sportive fragile.
Ancien défenseur combatif entre 2003 et 2007, Habib Beye incarnait déjà l’esprit marseillais : engagement total, refus de la résignation et proximité avec les supporters. Son retour s’inscrit donc dans une logique identitaire, chère à un club souvent en quête d’âme et de stabilité.
Mais entraîner l’OM ne ressemble à aucun autre défi. La pression y est constante. Chaque décision est scrutée. Chaque faux pas amplifié.
L’ombre majestueuse de Pape Diouf
Impossible d’évoquer ce nouveau chapitre sans convoquer la figure tutélaire de Pape Diouf. Premier président noir d’un club professionnel français, il a marqué l’OM par sa droiture, son charisme et sa vision.
Sous sa présidence, Marseille a retrouvé une stabilité rare : podiums en Ligue 1, finales de Coupe de France, campagnes européennes solides. Mais au-delà des résultats, Diouf a laissé une empreinte humaine, respectée par les supporters même après son départ.
Habib Beye connaît cet héritage. Il sait qu’à Marseille, la légitimité ne se construit pas uniquement avec des victoires. Elle se forge dans la relation avec le peuple marseillais.
Marseille, un volcan permanent
Aujourd’hui quatrième en championnat, toujours engagé en Ligue des champions et en Coupe de France, l’OM avance sous tension. Le club nourrit de grandes ambitions mais évolue dans un environnement instable, où la passion peut être moteur comme déflagration.
Habib Beye hérite donc d’un contexte exigeant. Il ne devra pas seulement gagner. Il devra incarner.
La marque sénégalaise continue
Depuis deux décennies, plusieurs Lions ont écrit de grandes pages marseillaises : Mamadou Niang, capitaine et buteur prolifique ; Souleymane Diawara, roc défensif et champion ; Habib Beye, leader devenu entraîneur.
Avec cette nomination, la saga sénégalaise ne se limite plus aux souvenirs. Elle s’écrit au présent. Et peut-être, déjà, au futur.
À Marseille, on ne gagne jamais seul. On gagne avec la ville, avec son peuple. Habib Beye le sait. Son défi commence maintenant.
